- La faute doit être une violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage (article 242 du Code civil).
- Depuis 2021, la demande se fait par assignation ou requête conjointe, sans y mentionner les faits reprochés.
- L'avocat est obligatoire et seules les preuves obtenues sans violence ni fraude sont recevables (article 259-1).
- La prestation compensatoire peut rester due à l'époux non fautif, ou être refusée à celui aux torts exclusifs.
- Les honoraires d'avocat vont souvent de 1 500 à 5 000 €, hors frais de commissaire de justice et de procédure.
Qu'est-ce qu'un divorce pour faute et quand est-il justifié ?
Le divorce pour faute est l'une des procédures les plus exigeantes du droit de la famille. À la différence du divorce par consentement mutuel ou du divorce pour altération définitive du lien conjugal, il oblige l'époux demandeur à prouver que son conjoint a commis une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage, rendant intolérable le maintien de la vie commune (article 242 du Code civil). C'est cette charge de la preuve qui rend la démarche délicate.
Ce que la jurisprudence reconnaît comme une faute
Toute insatisfaction conjugale n'est pas une faute. L'incompatibilité d'humeur, la perte de sentiments ou l'absence de projet commun ne suffisent pas : ce sont plutôt des motifs d'un divorce pour altération définitive du lien conjugal. La faute, elle, suppose un manquement objectif à une obligation du mariage.
- L'infidélité établie par des éléments tangibles, et non une simple suspicion.
- Les violences physiques ou psychologiques : coups, menaces, humiliations répétées.
- L'abandon du domicile conjugal sans motif légitime.
- Une addiction (alcool, stupéfiants) rendant la vie commune impossible.
- Le manquement au devoir d'assistance ou de contribution aux charges du mariage.
Comment réunir des preuves recevables ?
La preuve se prépare en amont. Beaucoup d'époux attendent que le conflit soit installé pour rassembler des éléments, au risque qu'ils paraissent tardifs ou sélectifs. Dès qu'un manquement grave est identifié, il est utile de conserver les messages reçus, les courriels, les attestations de proches, les factures ou relevés révélant des absences ou des dépenses anormales.
Ce qui est licite et ce qui ne l'est pas
En matière de divorce, un époux ne peut pas produire une preuve obtenue par violence ou fraude (article 259-1 du Code civil). Sont en principe admissibles les messages et correspondances qui vous sont directement adressés, ou les documents communs au couple. À l'inverse, accéder au téléphone, à la messagerie ou aux comptes du conjoint sans son accord, ou poser un traceur, relève de la fraude et porte atteinte à la vie privée (article 9 du Code civil).
- En cas de violences, déposer plainte et faire constater les blessures par un certificat médical.
- Privilégier les attestations de témoins ayant constaté les faits directement.
- Conserver les preuves classées par date, pour faciliter le travail de l'avocat.
Comment se déroule la procédure de divorce pour faute ?
La procédure de divorce judiciaire a été réformée au 1er janvier 2021. L'ancienne phase de conciliation et l'ordonnance de non-conciliation ont disparu. Désormais, la demande est formée par assignation ou par requête conjointe remise au greffe, et l'acte indique la date d'une audience d'orientation et sur mesures provisoires (article 1107 du Code de procédure civile).
Particularité du divorce pour faute : l'acte introductif ne doit indiquer ni le fondement juridique ni les faits reprochés, sous peine d'irrecevabilité. Les griefs sont développés plus tard, dans les conclusions au fond. La représentation par un avocat est obligatoire (article 1108 du Code de procédure civile), et le juge aux affaires familiales exerce ensuite les fonctions de juge de la mise en état.
- Engager seul la procédure alors que la représentation par avocat est obligatoire.
- Mentionner les faits ou le fondement de la faute dans l'acte introductif, ce qui le rend irrecevable.
- Laisser passer le délai de remise au greffe (au moins 15 jours avant l'audience), sous peine de caducité.
- Manquer une audience ou la date de clôture fixée par le juge de la mise en état.
Combien coûte un divorce pour faute ?
Le divorce pour faute est généralement plus coûteux qu'un divorce amiable, car il suppose un contentieux, des échanges de conclusions et parfois des mesures d'instruction. Le poste principal reste les honoraires de l'avocat, libres et variables selon la complexité du dossier et la durée de la procédure.
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Quelles conséquences financières et familiales anticiper ?
Se concentrer sur la seule reconnaissance de la faute fait parfois perdre de vue l'essentiel : les conséquences économiques du divorce. La prestation compensatoire (articles 270 et suivants du Code civil) vise à compenser la disparité que la rupture crée dans les conditions de vie de chacun. Elle prend en principe la forme d'un capital et tient compte de la durée du mariage, de l'âge et de la santé des époux, de leur situation professionnelle et de leur patrimoine (article 271).
Côté enfants, la résidence et le droit de visite sont décidés dans leur intérêt. Le juge prend notamment en compte la pratique antérieure des parents, l'aptitude de chacun et les éventuelles violences subies (article 373-2-11 du Code civil). La faute commise entre époux n'affecte pas, en elle-même, l'autorité parentale, et chaque parent reste tenu de contribuer financièrement à l'entretien des enfants.
Faut-il quitter le domicile pendant la procédure ?
Continuer à cohabiter n'interdit pas le divorce pour faute. La loi précise que le maintien ou la reprise temporaire de la vie commune ne sont pas considérés comme une réconciliation s'ils résultent de la nécessité, d'un effort de conciliation ou des besoins de l'éducation des enfants (article 244 du Code civil). En revanche, une réconciliation réelle intervenue depuis les faits empêche de les invoquer : le juge déclare alors la demande irrecevable.
- Si vous restez au domicile, documentez la séparation de fait (chambres distinctes, vie autonome).
- Informez votre avocat de la cohabitation pour qu'il la présente correctement au juge.
- Des faits nouveaux survenus après une réconciliation peuvent fonder une nouvelle demande.





