Comment contester un testament et dans quels délais ?
Mis à jour le 24 juin 2026 9 min de lecture
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Rédigé par Le Devis Juridique Équipe éditoriale - Rédaction juridique
Réponse synthétique
On peut contester un testament pour insanité d'esprit du testateur, vice du consentement, abus de faiblesse, vice de forme ou atteinte à la réserve héréditaire. L'action en nullité se prescrit en principe par cinq ans. L'action en réduction, qui protège la réserve des descendants, se prescrit par cinq ans à compter de l'ouverture de la succession. Seuls les héritiers justifiant d'un intérêt peuvent agir.
Les motifs : insanité d'esprit, vice du consentement, abus de faiblesse, vice de forme, atteinte à la réserve.
La réserve protège les descendants ; le conjoint n'est réservataire qu'à défaut de descendant (article 914-1).
La quotité disponible est de la moitié, du tiers ou du quart selon le nombre d'enfants (article 913).
L'action en réduction se prescrit par cinq ans à compter de l'ouverture de la succession (article 921).
Seuls les héritiers justifiant d'un intérêt peuvent agir, pas les tiers.
La voie amiable et la médiation précèdent utilement la saisine du tribunal judiciaire.
Quand peut-on contester un testament ?
En bref
Pour insanité d'esprit, vice du consentement, abus de faiblesse, non-respect des formes ou atteinte à la réserve héréditaire.
Insanité d'esprit : le testateur n'était pas sain d'esprit au moment de la rédaction (article 901 du Code civil).
Vice du consentement : erreur, dol ou violence ayant altéré la volonté du testateur.
Abus de faiblesse : exploitation de la vulnérabilité d'une personne, sanctionnée pénalement (article 223-15-2 du Code pénal).
Vice de forme : un testament olographe doit être entièrement écrit, daté et signé de la main du testateur.
Atteinte à la réserve : le testament réduit la part minimale revenant aux héritiers réservataires.
Faux ou falsification : ajouts ou ratures suspects, établis le plus souvent par une expertise.
Qui peut contester un testament ?
En bref
Les héritiers justifiant d'un intérêt. L'action en réduction est réservée aux héritiers réservataires et à leurs ayants cause.
Seules les personnes justifiant d'un intérêt peuvent agir, principalement les héritiers dont les droits sont diminués par le testament. L'action en réduction, qui sanctionne l'atteinte à la réserve, est strictement réservée à ceux au profit desquels la loi institue la réserve, à leurs héritiers ou ayants cause : ni les légataires, ni les créanciers du défunt ne peuvent la demander (article 921 du Code civil). Les tiers et les proches sans vocation successorale ne peuvent pas contester un testament au seul motif qu'ils le jugent injuste, car la liberté de tester reste la règle.
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La part de la succession réservée aux descendants. Les libéralités ne peuvent dépasser la quotité disponible : moitié, tiers ou quart selon le nombre d'enfants.
La réserve héréditaire est la fraction du patrimoine qui revient obligatoirement à certains héritiers, malgré le testament. Les libéralités ne peuvent excéder la quotité disponible, fixée à la moitié des biens en présence d'un enfant, au tiers avec deux enfants et au quart avec trois enfants ou plus (article 913 du Code civil). La réserve est le complément : un, deux ou trois quarts selon les cas. À défaut de descendant, le conjoint survivant non divorcé devient réservataire à hauteur d'un quart (article 914-1).
Attention
En présence d'enfants, le conjoint survivant n'est pas héritier réservataire. Il ne le devient, à hauteur d'un quart, qu'en l'absence de descendant (article 914-1 du Code civil).
Quels délais pour agir ?
En bref
L'action en nullité se prescrit en principe par cinq ans. L'action en réduction par cinq ans à compter de l'ouverture de la succession (article 921).
Les délais sont stricts. L'action en nullité du testament, pour insanité d'esprit ou vice du consentement, se prescrit en principe par cinq ans. L'action en réduction, qui protège la réserve, se prescrit par cinq ans à compter de l'ouverture de la succession, ou par deux ans à compter du jour où les héritiers ont eu connaissance de l'atteinte à leur réserve, sans jamais pouvoir excéder dix ans à compter du décès (article 921 du Code civil). Passé ces délais, le droit d'agir est perdu : il est donc prudent de prendre conseil rapidement.
Attention
Les délais courent tôt, souvent dès l'ouverture de la succession ou la connaissance des faits. Tarder à agir peut faire perdre définitivement le droit de contester.
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