- La police et la gendarmerie sont tenues de recevoir toute plainte (article 15-3 du Code de procédure pénale).
- En cas de refus, on peut écrire directement au procureur de la République.
- Après un classement sans suite, un recours est possible auprès du procureur général (article 40-3).
- La plainte avec constitution de partie civile saisit un juge d'instruction (article 85).
- Elle est recevable après un refus de poursuites ou un délai de trois mois sans réponse.
- La CIVI peut indemniser les victimes d'atteintes graves quand l'auteur est insolvable ou inconnu (article 706-3).
Que faire si la police refuse votre plainte ?
Le dépôt de plainte est un droit. L'article 15-3 du Code de procédure pénale impose aux officiers et agents de police judiciaire de recevoir les plaintes des victimes, même si le service est territorialement incompétent, et de délivrer immédiatement un récépissé. Une main courante, en revanche, ne déclenche ni enquête ni poursuites : c'est une simple déclaration.
Si l'enregistrement est refusé, vous pouvez adresser votre plainte directement au procureur de la République du tribunal judiciaire, par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier soumet les faits à un examen sans dépendre du commissariat.
- Une description précise et chronologique des faits, avec dates, heures et lieux.
- Les preuves disponibles : témoignages, documents, photos, captures ou tout élément utile.
- Une explication claire des préjudices subis, matériels, physiques ou moraux.
- Vos coordonnées complètes et la liste des pièces jointes.
Quels recours après un classement sans suite ?
Un classement sans suite signifie que le procureur estime, à ce stade, ne pas engager de poursuites. Cette décision n'est pas définitive. La première voie est le recours auprès du procureur général de la cour d'appel, prévu par l'article 40-3 du Code de procédure pénale : il peut enjoindre au procureur d'engager des poursuites s'il juge le recours fondé.
La seconde voie est la plainte avec constitution de partie civile, qui saisit directement un juge d'instruction (article 85). Elle oblige à instruire l'affaire, mais suppose un dossier argumenté et des faits bien qualifiés.
Quand déposer une plainte avec constitution de partie civile ?
La plainte avec constitution de partie civile n'est recevable qu'à certaines conditions fixées par l'article 85 du Code de procédure pénale. Il faut justifier soit que le procureur a fait connaître qu'il n'engagera pas de poursuites, soit qu'un délai de trois mois s'est écoulé depuis le dépôt de la plainte, contre récépissé ou par lettre recommandée. Pour un crime, cette condition de délai n'est pas exigée.
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Comment être indemnisé si l'auteur est insolvable ou inconnu ?
Quand l'auteur est introuvable ou insolvable, certaines victimes ne restent pas sans recours. L'article 706-3 du Code de procédure pénale ouvre un droit à réparation devant la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI), financée par le Fonds de garantie. Ce dispositif vise surtout les atteintes graves à la personne : faits ayant entraîné la mort, une incapacité permanente ou une incapacité totale de travail d'au moins un mois, ainsi que certaines infractions sexuelles ou violences.
- Justifier d'un préjudice résultant de faits présentant le caractère matériel d'une infraction.
- Réunir un dossier complet : certificats médicaux, factures, attestations, décisions de justice.
- Saisir la CIVI, rattachée au tribunal judiciaire, dans les délais légaux (en principe trois ans).
- L'indemnisation peut être réduite ou refusée en cas de faute de la victime.
Faut-il un avocat pour ces démarches ?
Beaucoup de ces démarches peuvent être engagées seul, notamment le courrier au procureur ou le recours au procureur général. L'assistance d'un avocat devient précieuse pour la constitution de partie civile, la citation directe ou la saisine de la CIVI, où une erreur de qualification ou un délai manqué peut compromettre le dossier. L'aide juridictionnelle peut en financer le coût sous conditions de ressources.





