Assurance auto qui refuse de vous indemniser : quels recours ?
Mis à jour le 19 juin 2026 10 min de lecture
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Rédigé par Le Devis Juridique Équipe éditoriale - Rédaction juridique
Réponse synthétique
Un assureur ne peut refuser de vous indemniser que pour un motif prévu au contrat ou par la loi : non-paiement de la prime, exclusion claire, fausse déclaration intentionnelle. Vérifiez le motif et votre contrat, adressez une réclamation écrite, puis saisissez la Médiation de l'Assurance. À défaut, le tribunal judiciaire reste compétent, dans la limite de deux ans à compter du sinistre.
Le refus doit reposer sur un motif contractuel ou légal précis, pas sur une simple appréciation.
Le non-paiement ne suspend la garantie que 30 jours après une mise en demeure (article L113-3 du Code des assurances).
Seule une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L113-8).
La contestation passe par une réclamation écrite, puis la Médiation de l'Assurance, gratuite.
À défaut, le tribunal judiciaire est compétent, frais récupérables via l'article 700 du Code de procédure civile.
Vous avez deux ans à compter du sinistre pour agir (article L114-1).
Quand l'assureur peut-il refuser de vous indemniser ?
En bref
Uniquement pour un motif prévu au contrat ou par la loi : non-paiement de la prime, exclusion clairement stipulée, fausse déclaration intentionnelle ou garantie non souscrite.
Non-paiement de la prime : la garantie n'est suspendue que trente jours après une mise en demeure, et la résiliation dix jours plus tard (article L113-3 du Code des assurances).
Exclusion contractuelle : elle doit figurer en termes clairs et lisibles au contrat ; une exclusion obscure ou cachée est inopposable.
Garantie non souscrite : une formule au tiers ne couvre pas les dommages subis par votre propre véhicule.
Fausse déclaration intentionnelle : elle peut entraîner la nullité du contrat (article L113-8) ; une erreur non intentionnelle conduit seulement à une réduction de l'indemnité (article L113-9).
Défaut d'entretien : il ne justifie un refus que s'il a réellement contribué au sinistre, ce que l'assureur doit démontrer.
À noter
Même lorsque l'assureur écarte votre propre indemnisation (par exemple en cas d'alcool au volant), les tiers victimes sont toujours indemnisés. L'assureur les règle, puis exerce un recours contre le conducteur. Si l'auteur n'est pas assuré, le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) peut intervenir.
Ce qui n'est pas un motif valable de refus
En bref
Un assureur ne peut pas refuser pour votre profil de conducteur, une pièce manquante non réclamée, ou en confondant la contestation du montant avec un refus de principe.
Votre profil : jeune conducteur ou antécédents de sinistres, un sinistre couvert doit être indemnisé.
Un dossier incomplet : l'assureur doit d'abord vous demander les pièces manquantes avant tout refus.
Le montant : contester le chiffrage de l'indemnité ne permet pas de refuser le principe même de la garantie.
Un manquement administratif mineur : il ne suffit pas, à lui seul, à justifier un refus définitif.
Vérifier le motif du refus et votre contrat
En bref
Analyser précisément le courrier de refus, puis relire les garanties, exclusions et franchises de votre contrat pour repérer une éventuelle erreur de l'assureur.
1
Lire attentivement le refus
Repérer le motif exact, la garantie visée et les dispositions invoquées. Un refus vague ou non motivé est fragile.
2
Relire votre contrat
Vérifier les garanties souscrites, les exclusions listées et les franchises, pour confronter le motif du refus au texte réel.
3
Compléter le dossier
Rassembler déclaration de sinistre, constat, photos, devis de réparation et justificatifs de paiement des primes.
4
Conserver les échanges
Garder tous les courriers, de préférence en recommandé, qui constitueront votre dossier de preuve.
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Pas d'engagement immédiatVous gardez la main sur la suite
Adresser d'abord une réclamation écrite au service dédié de l'assureur. En cas d'échec, saisir gratuitement la Médiation de l'Assurance ; l'action en justice reste ensuite possible.
1
Saisir le service réclamations
Écrire en recommandé avec accusé de réception, en rappelant le sinistre, en contestant le motif point par point et en demandant l'indemnisation chiffrée.
2
Laisser un délai de réponse
L'assureur dispose en principe de deux mois pour répondre à une réclamation écrite.
3
Saisir le médiateur
Sans réponse satisfaisante, saisir gratuitement la Médiation de l'Assurance, tiers indépendant, qui rend un avis dans un délai de l'ordre de quatre-vingt-dix jours.
4
Conserver vos droits
La médiation est une étape amiable : si elle échoue, l'action devant le tribunal reste ouverte, dans le délai de prescription.
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En dernier recours, le tribunal judiciaire est compétent. Pour les petits litiges, une procédure simplifiée existe, et les frais peuvent être mis à la charge de l'assureur.
Si l'amiable échoue, l'action se porte devant le tribunal judiciaire, compétent depuis la disparition des tribunaux d'instance et de grande instance. Pour les demandes d'un faible montant, une procédure simplifiée de petites créances est accessible. En cas de succès, vous obtenez l'indemnisation due, des intérêts au taux légal et, au titre de l'article 700 du Code de procédure civile, le remboursement d'une partie de vos frais. Si l'assureur a refusé de mauvaise foi, des dommages et intérêts complémentaires peuvent être demandés.
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Favoris
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Toute action issue du contrat d'assurance se prescrit par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance (article L114-1 du Code des assurances).
Le délai pour agir contre l'assureur est de deux ans à compter de l'événement à l'origine de l'action (article L114-1 du Code des assurances). Le point de départ peut varier : pour un sinistre, il court du jour où vous en avez eu connaissance ; lorsque l'action a pour cause le recours d'un tiers, du jour où ce tiers a agi. Ce délai peut être interrompu, notamment par une lettre recommandée adressée à l'assureur au sujet de l'indemnité. Il doit obligatoirement être rappelé dans le contrat.
Attention
Passé le délai de deux ans, votre action contre l'assureur devient en principe irrecevable. Mieux vaut engager les démarches sans attendre et veiller à interrompre la prescription si la discussion se prolonge.
Combien coûtent les démarches ?
En bref
La réclamation et la médiation sont gratuites. Seules la voie judiciaire et une éventuelle expertise indépendante engagent des frais, en partie récupérables si vous gagnez.
DémarcheCoût indicatif
Réclamation amiableGratuite
Médiation de l'AssuranceGratuite
Honoraires d'avocat500 à 4 000 € selon la voie, amiable ou contentieuse
Expertise indépendante500 à 1 500 € si le montant est contesté
Montants indicatifs. En cas de succès, une partie des frais peut être mise à la charge de l'assureur (article 700 du Code de procédure civile).
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